juil 012013
 
des-questions-reponses

« Nous avons traversé une douloureuse épreuve : j’ai fait une fausse couche (une fille à 4 mois de grossesse), alors que notre aînée, Léonie, avait 3 ans. Depuis, nous avons eu un petit garçon. Léonie a 9 ans aujourd’hui et elle m’assure qu’elle avait une sœur quand elle était petite. Faut-il lui dire la vérité ? Dois-je lui parler de ma fausse couche ? »

 

1. NE PAS MENTIR

Léonie pressent ou connaît déjà la vérité. Cela m’étonne toujours, mais je remarque que c’est fréquent chez les enfants. Comme dans bien des domaines, en éducation à la sexualité, je vous propose de ne pas tout dire d’un coup, mais de ne dire que des choses vraies. A mon sens, les mensonges abîment le climat de confiance entre vous et Léonie. Quand elle vous dit : « J’avais une petite sœur », vous pouvez lui répondre : « Oui, c’est vrai. Je ne t’en avais jamais parlé mais toi tu le sais. C’est comme si tu t’en rappelais. Voilà ce qui s’est passé : … »

 

2. EXPLIQUER LES FAITS

Vous pouvez lui expliquer les faits : « Nous savions qu’il y avait un bébé dans mon ventre, et nous étions ravis. Tu avais 3 ans à ce moment-là. Lors d’une visite chez le docteur, nous avons vu à l’échographie que le cœur du bébé ne battait plus. Cela voulait dire que le bébé était mort dans le ventre; ça s’appelle une fausse couche. » Léonie voudra peut-être savoir pourquoi : « On pense que le bébé avait une malformation, une sorte de handicap, mais on ne sait pas exactement. Malheureusement, ça arrive, et on n’a pas toujours la réponse à nos questions. » Montrez que cela arrive à plusieurs familles : « Tu sais, à peu près 1 grossesse sur 5 ne continue pas jusqu’au bout et bien des familles vivent une fausse couche. Même Mamie en avait fait une, entre ton oncle Jeff et papa. Heureusement, il y a des grossesses qui se passent très bien et qui donnent des enfants magnifiques, comme toi et ton petit frère Baptiste. »

 

3. NOMMER LES EMOTIONS

Vous pouvez partager avec Léonie vos émotions du moment. Pourquoi ? Non pas pour la rendre malheureuse, mais pour lui donner des clefs : en effet, ce que vous lui dites du processus de deuil lui montre aussi comment un deuil peut se traverser : « Comme je te l’ai dit, je me réjouissais de cette grossesse. Quand le docteur nous a annoncé la mort du bébé, j’ai donc été très triste. Et aussi en colère. Pour moi, c’était un deuil, c’était la perte de quelqu’un que je commençais à aimer. J’ai mis quelques mois à retrouver la joie. C’est souvent ainsi… »
Précisez-lui qu’elle n’avait rien à voir avec votre douleur : « Toi, à 3 ans, tu as dû sentir que j’étais tout à coup malheureuse, que je manquais de patience avec toi. Tu t’es peut-être inquiétée. Tu le comprends mieux maintenant : ma tristesse ou mes irritations, ce n’était pas à cause de toi mais à cause de ma peine d’avoir perdu ce bébé. Aujourd’hui, je t’en parle car c’est l’histoire de notre famille. Tu t’interrogeais, je trouve que c’est bien que tu le saches, et je me sens plus apaisée pour le partager avec toi.
En tous les cas, je suis très fière que tu sois ma fille, très fière de ton frère, et quelque part, il y a eu dans notre famille le début d’une autre vie, un peu mystérieuse… »

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