Expliquer l’inceste aux enfants

Expliquer l’inceste aux enfants, sujet délicat entre tous. En éducation affective et sexuelle, y a-t-il un thème plus difficile? Ce petit film de moins d’une minute, dessiné par ZEP pour l’exposition « Zizi sexuel » présentée à la Cité des sciences et de l’industrie, me semble un bon outil pour parler de l’inceste aux enfants, dès la maternelle. La vidéo en effet est courte (1 minute), simple et concrète.

Texte de la vidéo de prévention sur l’inceste

« Dans une famille, il arrive parfois qu’un adulte fasse croire à un enfant qu’il a le droit de lui faire des caresses ou des gestes sexuels, et que c’est normal parce qu’il l’aime. Bien sûr c’est faux. C’est ça l’inceste, et c’est un crime puni par la loi, car la loi protège les enfants. Il est interdit à un adulte d’avoir des relations sexuelles avec un enfant, et tous les adultes le savent. Dis-le à quelqu’un. Si tu as été forcé-e par une grande personne à faire des trucs sexuels, surtout n’aie pas honte. Ce n’est pas de ta faute. Aie le courage de le dire très vite à un autre adulte en qui tu as confiance, et qui va t’aider.   »

 

Les messages-clefs sur l’inceste

Quels pourraient être les messages-clefs sur l’inceste, à transmettre aux enfants?

  • Définir les agressions sexuelles: qu’est-ce que c’est? Quels sont (très concrètement pour les enfants) les types de gestes que les adultes (ou d’autres enfants) n’ont pas le droit de leur faire?
  • Pourquoi les gestes sexuels sur les enfants sont interdits : la sexualité en soi n’est pas un mal, mais par cette loi on protège le corps et la sexualité des enfants, leur maturité, leur développement. Ces gestes sont des gestes de grands. Chaque geste en son temps.
  • Définir l’inceste comme une agression sexuelle ou un viol commis par un membre de la famille (parents, grands-parents, beaux-parents, cousins, et même dans la fratrie…).
  • Préciser : l’inceste peut se produire sur des petites filles ou des petits garçons, ou sur des adolescents.
  • L’inceste est interdit par la loi. Il est puni de prison, car il empêche un enfant de se construire à son rythme. Et parfois un enfant a du mal à dire non, à fuir. La loi veut le protéger.
  • Montrer le conflit de loyauté: on peut aimer, admirer cette personne, qui est un proche, et en même temps détester ce qu’elle nous fait, ces gestes sexuels qui ne sont pas de notre âge, et qui nous mettent si mal à l’aise.
  • L’injonction de secret: dans l’inceste, souvent le violeur demande à l’enfant le secret, parfois en lui faisant peur, parfois par un chantage [expliquer le chantage en en donnant un exemple]. Mais un enfant n’a pas à garder un secret qui le blesse, qui le dégoûte, qui est lourd pour lui. Jamais. Il a toujours le droit d’en parler à un autre adulte.
  • En cas de malaise lié à des gestes, des images, des mots sexuels: dire à un autre adulte, demander de l’aide.
  • Si on n’est pas cru: insister, choisir un autre adulte de confiance, ne pas hésiter à redire, à répéter. Un enfant en a le droit, bien sûr.
  • Si on se rend compte après coup qu’on a été victime d’inceste: ne pas rester avec son secret, trouver une personne de confiance pour en parler.
  • Pour une victime: l’inceste est une profonde blessure. Mais la vie n’est pas gâchée pour autant. Une vie heureuse est possible. Même une vie amoureuse…

 

Vidéo de prévention sur l’inceste en langue des signes

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