Une vidéo pour enfant sur le respect du corps

« Le consentement expliqué aux enfants » est une vidéo pour enfant sur le respect du corps.

A mon sens, on peut l’utiliser dès 6 ans, et jusque vers 11-12 ans.

Avec un langage simple, cette vidéo explique aux enfants le consentement et favorise la prévention des abus sexuels, sujet délicat entre tous.

Outil pédagogique d’éducation à la sexualité dès le CP, « Expliquer le consentement aux enfants » permet de nouer un dialogue avec des enfants d’âge primaire, que ce soit à l’école ou à la maison.

Comment travailler le respect du corps avec des enfants?

a. Poser le concept de respect de l’intégrité physique

Texte de la vidéo: « C’est toi qui décides ce que tu fais de ton corps. Personne d’autre ne doit te dire ce que tu fais de ton corps: ni tes amis, ni des inconnus, ni même des adultes que tu connais. »   Explications sur le respect du corps de tout être humain: Le respect du corps est inconditionnel. Il se porte sur le corps de tout être humain. C’est un droit. Tout simplement. Notre corps à chacun est protégé par la loi. La protection de l’intégrité physique porte sur le corps de chacun de nous:

  • depuis que nous sommes des bébés et jusqu’à notre vieillesse, notre corps doit être respecté, soigné, protégé.
  • que nous soyons garçons ou filles, quelle que soit la forme de notre sexe, le corps doit être respecté, protégé.
  • que notre peau soit de telle ou telle couleur, le corps doit être respecté, protégé.
  • que nous ressemblions aux autres ou soyons un peu différent, le corps doit être respecté, protégé.
  • que nous soyons valide, robuste, ou handicapé, malade, le corps doit être respecté, protégé.
  • et même si nous mourrons, un jour, notre corps doit être respecté, protégé.

On ne peut jamais faire n’importe quoi avec le corps de quelqu’un. Car le corps, c’est important. Vous pouvez illustrer ce point par une référence au Code Civil  (article 16-3) ou à la Convention des droits de l’enfant.

b. Nous n’avons pas tous les mêmes envies

Texte de la vidéo: « Nous sommes tous différents:

  • Il y a des gens qui aiment se prendre dans les bras.
  • Et il y en a qui n’aiment pas ça.

Et chacun choisit ce avec quoi il se sent à l’aise. »

Questionnement avec les enfants: Avez-vous remarqué cela, que nous n’avons pas toujours les mêmes besoins, les mêmes envies? Donnez-moi des exemples. A quoi pensez-vous?

  • L’un·e peut avoir encore faim, l’autre plus du tout.
  • L’un·e peut avoir envie de courir, l’autre pas.
  • L’un·e peut aimer qu’on lui touche les cheveux, l’autre pas trop.
  • L’un·e peut oser se déshabiller dans le vestiaire sans gêne, l’autre pas.
  • L’un·e peut aimer les bisous, l’autre pas vraiment…

On a le droit d’écouter ce que ressent notre corps à l’intérieur. Ai-je envie de…? On a le droit de le dire.

c. Apprendre à donner son accord ou à formuler son désaccord

Texte de la vidéo: « Est-ce que quelqu’un qui adore les câlins peut prendre dans ses bras n’importe qui? Non. L’autre doit être d’accord. Mais comment savoir si l’autre est d’accord? Il suffit de demander. En fait, c’est assez simple:

  • On demande si l’autre est d’accord
  • On écoute sa réponse »

Explications sur le fait de donner son accord: Donner son accord, c’est dire oui, vraiment oui.

  • Hésiter, ce n’est pas donner son accord. Auriez-vous des exemples pour illustrer cela?
  • Céder parce qu’on nous a promis quelque chose en échange, ce n’est pas donner son accord. Auriez-vous des exemples pour illustrer cela?
  • Céder sous la pression, ce n’est pas donner son accord. Auriez-vous des exemples pour illustrer cela?

Que faire alors pour un bébé? Peut-on lui demander son accord, quand on veut changer sa couche? Non, on ne peut obtenir son accord, mais on peut le prévenir gentiment: « Ma petite, je vais te changer la couche. Viens, on se met au calme. Je t’allonge sur la table à langer. C’est bon? N’aie pas peur si j’ai les mains un tout petit peu froides. Je ne veux pas t’embêter, je veux juste te nettoyer pour que tu te sentes bien. Tu vois? On est bien avec une couche toute propre! »

d. Apprendre aux enfants à proposer une alternative pour les gestes de politesse

Texte de la vidéo: « Parfois, les adultes disent aux enfants ce qu’ils doivent faire de leur corps: -Fais un bisou à Taty pour lui dire au revoir. Mais l’enfant doit avoir le choix: -Non, ça me met mal à l’aise, je vais lui dire au revoir avec la main. »

Explications: Bien sûr, un enfant doit apprendre la politesse (dire bonjour – dire au revoir) et apprendre la gratitude (dire merci). Mais peut-on le forcer à aller dans les bras de quelqu’un? Le forcer à embrasser? Le forcer à aller sur les genoux de quelqu’un? A se faire tripoter les joues, ou les cheveux? Mieux vaut lui apprendre à proposer une alternative socialement acceptable:

  • qui soit polie
  • qui ne le mette pas dans un état de malaise physique

 

e. Le consentement expliqué aux enfants

Texte de la vidéo: « Les enfants n’ont pas la maturité pour tout faire:

  • ils ne sont pas prêts pour signer des contrats
  • ils ne sont pas prêtes pour voter
  • ils ne sont pas prêts pour consentir à des trucs sexuels…

… parce que ce sont des enfants. Donc si un adulte demande à un enfant de dire oui à des trucs sexuels, c’est interdit. L’adulte a tort et ce n’est pas la faute de l’enfant. »

Explications sur la protection du corps des enfants: Il y a des lois qui organisent notre vie tous ensemble, comme il y a des règles dans une classe. Quelles sont les lois sur la sexualité, à votre avis, en France? En France, concernant la sexualité, la loi pose un cadre qui protège les enfants de pratiques sexuelles avec les adultes. Elle dit qu’un adulte ne doit pas demander à un enfant des caresses sexuelles, des gestes sexuels, des baisers sexuels… que ce soit sur le corps de l’enfant ou sur le corps de l’adulte. Jamais. Pourquoi c’est interdit, à votre avis? Parce qu’un enfant n’est pas prêt à vivre tout ça, et cela peut le blesser dans son corps, dans son corps, dans sa tête. Les enfants peuvent aimer les gestes d’affection, avoir besoin de caresses, mais pas de caresses sexuelles avec un adulte. Les adultes connaissent cette règle. Et à vous, je l’apprends aussi. C’est une règle qui protège le corps des enfants.

Les adultes en revanche sont autorisés à avoir des gestes ou des relations sexuelles entre eux. Cela peut être agréable, apporter du plaisir, de la joie. La condition, c’est que les deux adultes soient d’accord, bien sûr. Sinon, comment cela s’appelle? [viol]

Si jamais un enfant avait subi des gestes sexuels avec un adulte, ou si un adulte lui avait demandé d’en faire, alors est-ce que l’enfant sera puni? Non. Pourquoi? Parce que la loi le protège. Non seulement il ne sera pas puni, mais on va essayer d’aider cet enfant, de l’écouter, de le rassurer, et de le protéger, pour que ça ne recommence plus.

f. Apprendre à trouver des personnes de confiance

Texte de la vidéo: « Si ça arrive, c’est très important d’en parler à un adulte de confiance, comme un professeur. Pourquoi? Parce que c’est ton corps, et qu’il a besoin de sécurité. Le consentement, c’est important. »

Explications sur les personnes-ressources C’est une compétence psychosociale importante à développer chez les enfants: apprendre à trouver des personnes de confiance, des personnes-ressources, et apprendre à demander de l’aide.

« Et toi, en qui as-tu confiance? A qui parlerais-tu si tu avais un problème? Comment on pourrait le dire, alors, si on avait besoin d’aide? »

 

Sources

Vidéo originale en anglais: « Consent for kids » de Blue Seat Studios Traduction française librement adaptée: Maëlle Challan Belval

Notes sur la traduction: Bien que je ne sois pas une experte en traduction, je suis spécialisée dans le champ de l’Education affective, relationnelle et sexuelle. Et il m’a semblé important, quitte à m’éloigner un peu du texte original, de ne pas toujours traduire « consent » par consentement. Tout en gardant le rythme initial, j’ai tenté de distinguer deux notions:

  • la notion de choix, d’accord, comme le choix de faire ou pas un bisou, le choix de donner la main ou pas…
  • la notion de consentement: notion réservée, par la loi française, à ceux qui ne sont pas des enfants, en ce qui concerne les actes sexuels impliquant enfants et adultes.

En quelque sorte, je distingue l’ACCORD (gestes physiques entre pairs ou avec des adultes) du CONSENTEMENT (gestes sexuels). En effet, un enfant aurait beau donner son accord pour des gestes sexuels avec un adulte, on ne pourra considérer qu’il a consenti. Parce que le consentement nécessite d’être prêt, d’avoir une forme de maturité, maturité qu’on ne reconnaît pas en ce domaine à un enfant. La société française réfléchit actuellement beaucoup au cadre qu’il convient de poser autour du « consentement des enfants »…

Vos commentaires et vos suggestions sont les bienvenus.

 

 

7 Commentaires

  1. Je reste assez perplexe devant cette video. Le consentement expliqué aux enfants ? Pourquoi pas plutôt quelque chose chose comme « s »extirper d’une situation dangeureuse » ? Enfin je veux dire que le mot consentement implique quelque part que l’enfant a le choix. Or, ce n’est pas approprié pour cette question dramatique de l’abus sexuel d’un enfant par un adulte.
    Ce film s’adresse-t-il aux enfants ? En haut de la page je vois « à partir du CP ». Pourquoi parler de « trucs sexuels » à des enfants qui sont à mille lieues de comprendre de quoi il s’agit, et bien sûr d’avoir envie d’entendre parler de cela ? Pour moi, il y a plus de probabilité d’apporter de la confusion dans leurs têtes, qu’autre chose.
    Réservons en priorité l’argent, l’énergie et l’inventitivté, dans l’école et ailleurs, à identifier et stopper ces adultes adultes malveillants. C’est aux adultes de gérer cela, pas aux enfants.

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    • Bonjour,

      1. Le titre de la vidéo peut en effet prêter à confusion. Comme je l’explique dans l’article, Comitys n’a pas conçu cette vidéo mais effectué la traduction d’une vidéo anglophone initiale appelée « Consent for kids ». Comme vous le lisez en bas de l’article il nous a semblé important, quitte à nous éloigner un peu du texte original, d’éviter de traduire « consent » par consentement. Nous avons tenté de distinguer deux notions:
      -la notion de choix, d’accord, comme le choix de faire ou pas un bisou, le choix de donner la main ou pas…
      -la notion de consentement: notion réservée, par la loi française, à ceux qui ne sont pas des enfants, en ce qui concerne les actes sexuels impliquant enfants et adultes.
      En quelque sorte, je distingue l’ACCORD (gestes physiques entre pairs ou avec des adultes) du CONSENTEMENT (gestes sexuels). En effet, un enfant aurait beau donner son accord pour des gestes sexuels avec un adulte, on ne pourra considérer qu’il a consenti. Parce que le consentement nécessite d’être prêt, d’avoir une forme de maturité, maturité que la loi française reconnaît pas en ce domaine à un enfant… et tant mieux.

      2. Quand vous écrivez, « c’est aux adultes de gérer cela », je partage votre point de vue: la prévention est d’abord une affaire d’adultes. Pour autant, si vous connaissez les chiffres que les enquêtes donnent (3-4% des adultes disent avoir été victimes d’inceste soit un enfant par classe), je ne vois pas comment on peut se taire auprès des enfants dont la méconnaissance fait aussi la vulnérabilité. Je l’explique en détails dans le livre Osez en parler! en illustrant ce point avec l’image de la sécurité routière: si la sécurité routière est d’abord une affaire d’adultes, il importe à mon sens d’outiller les enfants qui évoluent dans le monde, en les sensibilisant aux limites que la loi pose et en les alertant sur les dangers.

      3. On n’a pas envie de parler à son enfant des risques d’accidents de la route. Mais à mon sens, la prévention n’est pas affaire d’envie: ni l’envie des parents, ni celle des enfants. On le fait parce qu’en tant que responsable éducatif, on doit le faire. On le fait, dans le cadre de la sécurité routière, même si l’enfant n’a pas envie d’entendre que ses déplacements autonomes peuvent le mettre en danger. Bien sûr, l’éducation affective et sexuelle n’est pas que préventive, ce qui serait terrifiant pour les enfants: c’est aussi ce que j’explique dans le livre Osez en parler!

      4. « Identifier et stopper ces adultes malveillants »: le mot que vous employez est un euphémisme. Ces adultes sont plus que malveillants, ils posent des actes que la loi appelle « criminels ». Les identifier et les stopper est fondamental. Encore faut-il pour cela que les enfants parlent, osent se confier, demander de l’aide… sachant que ces actes sont le plus souvent pratiqués dans leur cadre familial ou très proche (cf film « Les Chatouilles »).

      Si vous connaissez des clips de sensibilisation aux violences sexuelles, à destination des enfants, qui vous semblent plus justes que celui-ci (qui est loin d’être parfait, je l’écris dans l’article), vos idées sont les bienvenues!

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  2. Excellent pour la prévention contre les ignobles et avant malades PÉDOPHILES qui font tant de mal indélébile à plein d’enfants agressés, malgré leur belle innocence!

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  3. Merci beaucoup à vous de partager cette mine d’informations et d’outils ! C’est très précieux.

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    • C’est avec joie!

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  4. Merci pour cet outil/traduction. Car il n’est pas toujours évident d’expliquer avec des mots simple cette notion tellement importante aux enfants.

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    • Bonjour, si la vidéo vous plaît, n’hésitez pas à la partager, pour outiller les parents, qui souvent sont de bonne volonté -il faut lui en parler!- mais démunis -comment lui en parler? Merci pour votre retour…

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